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Comment gagner des abonnés, des visiteurs, et de l’argent avec son blog?

Bonjour, enchanté, je suis le titre pute à clic.

Je vous le dis : j’ai moi aussi cherché un jour des articles en réponse à cette existentielle question. Aussi simple puisse t’elle paraître, je pense que si on se pose la question, c’est qu’on aimerait bien avoir une recette miracle pour s’épargner un peu, pour aller vite, pour gagner mieux. Un peu comme on aimerait croire aux crèmes antirides avec l’effet d’un lifting en 14 jours.
Mais la réponse est pourtant assez évidente : on y arrive en travaillant beaucoup. Pas en se touchant la nouille toute la journée et en attendant de banquer.

Je sais, ce n’est pas ce que tu espérais lire, moi non plus. J’aurais sincèrement aimé te faire payer 47€ pour un ebook à paillettes qui brille dans le noir, qui allait révolutionner ta vie, mais je n’ai pas envie de te décevoir. Même si compte tenu de mon sens du spectacle, tu l’aurais peut-être acheté, ce livre, et je serais actuellement en train de siroter un Mojito sur une plage abandonnée avec le bruit des vagues.

La réalité c’est qu’on n’a rien sans rien. Je ne vis pas encore de mon blog, j’en suis même loin pour parler de quelque chose de pérenne (mais pourquoi elle m’emmerde avec son article sur lequel j’ai cliqué alors?), mais j’ai eu envie d’écrire cet article, parce que le premier opus sur instagram avait bien plu et que j’aime aussi beaucoup troller les âmes perdues de l’internet. Et puis parce qu’on ne perd jamais rien à rappeler les bases.


Considérer son blog comme une entreprise

Organiser son auto entreprise sur internet

Pendant des années, j’ai animé ce blog, avec rien d’autre qu’un peu de passion (et de flemme). J’y publiais assez peu, du contenu mal optimisé pour le référencement, sur une plateforme gratuite et donc peu malléable (coucou blogger).
Le but pour moi était d’avoir un espace d’expression: j’y publiais ce que je voulais, quand je voulais, je ne cherchais pas quoi que ce soit, mais j’avais secrètement envie d’être lue quand même, ce qui était plus ou moins le cas (par ma mère, trois copines et moi-même).

A partir du moment où j’ai changé d’horizons en passant d’un blog « personnel » à un blog « professionnel », il a fallu cadrer le tout et fixer des objectifs en terme de fréquence de publication, d’amélioration de mes compétences, de présence sur les réseaux sociaux.
En fait, on passe d’un passe-temps à quelque chose de frontalement différent : on essaye de se vendre, notre produit c’est notre blog et notre image, et donc, l’objectif est de correspondre aux attentes de ceux qui nous lisent. Ou qui pourraient nous lire.
Alors évidemment, ça n’empêche pas de conserver ni sa personnalité (au contraire!), ni sa spontanéité, mais ça oblige à faire les choses différemment et ne plus écouter que son frigo, l’alignement des planètes, et ses envies pour créer du contenu.


Comprendre les attentes des lecteurs

Ici ou sur instagram ou facebook, les lecteurs, les followers, en bref, ceux qui te suivent, ont tous des attentes.
Une fois l’envie d’ouvrir un blog passée, il faut bien se poser les bonnes questions :

Pour qui est-ce que j’écris?
Quel type de contenu veulent-ils lire?
A quelle fréquence?

Ces questions peuvent paraître bateau et évidentes, mais si on ne se penche pas dessus, c’est comme louper son business plan pour une entreprise : on court à l’échec (ou plutôt à la solitude digitale).
Le sexe, l’âge, les moyens des lecteurs, leurs goûts, le temps qu’ils ont à nous accorder, … Chaque indice est bon à prendre! Alors bien sûr, c’est un très long travail, et c’est à affiner constamment, mais l’idée est bien de répondre à un besoin précis. Ton existence en ligne doit apporter quelque chose d’utile, de neuf, de singulier.


Connaître ses points forts et ses points faibles



Le « connais toi toi même » est une base solide quand on entreprend : ça permet de ne pas se perdre de vue, de renforcer ce qui fait la force de notre image. Et comme on le sait tous, la présence web, c’est surtout l’image qu’on renvoie.
Une chose est sure, si on ne sait pas nous-mêmes qui on est, on ne peut ni renforcer ses points forts pour en faire une base solide indestructible (en quelque sorte notre image de marque), ni réparer nos faiblesses.
Ca m’a pris du temps et beaucoup d’énergie de comprendre ce qui faisait l’essence de mon travail sur la toile pour en tirer parti subtilement. C’est comme au cinéma : si on voit les effets spéciaux, ça fait too much, ça fait pas rêver (un peu comme une scène mémorable de fast and furious où le mec saute d’une voiture à toute berzingue pour rattraper une nana en plein vol; trop, c’est trop les gars).
Il est important aussi de travailler ses points faibles pour éviter de se les traîner comme des boulets qui finiront forcément par nous encombrer au moment le moins opportun. Pour l’aspect technique d’un blog par exemple (qui est à soigner pour un bon référencement et donc un nombre de visiteurs conséquent puisqu’on parlait quand même de ça au début), il peut être intéressant de déléguer. Après avoir essayé de comprendre une partie des choses en perdant énormément de temps, je me suis rendue compte que je ne pourrais pas assurer comme une bête sur ce point et que je ferais mieux de me concentrer sur ce qui me définit vraiment et qui fait ma force (donc clairement pas ma capacité à comprendre le code de mon thème wordpress!).


Faire une veille des comptes/profils similaires au sien



Pour comprendre les attentes de ceux qui nous lisent, il faut évidemment réussir à les identifier dans un premier temps. Je vous en parlais dans mon article sur comment gagner des followers sur instagram : les sessions de like m’ont fait grand bien à ce niveau là.
J’ai réussi à identifier des comptes « amis » qui étaient bien suivis, à en tirer des valeurs proches des miennes, et à dégager chez ceux qui me suivent des préférences très nettes.
Ca marche pour tout le monde du net : la veille est un outils INDISPENSABLE pour comprendre son « marché » et l’évolution des tendances.
Parce qu’internet est en perpétuel mouvement, on doit aussi rester au courant et réussir à anticiper certains tournants pour ne pas se retrouver à la traîne.
L’intérêt de faire une veille sur les profils similaires c’est aussi évidemment de voir ce qui plaît chez les autres, et comment se l’approprier. Le but n’est pas de copier, mais de se servir de l’expérience de ceux qui ont déjà fait leurs preuves.
Parfois alors tu découvriras que certains ne répondent à aucune règle ni à aucune logique, et tu réaliseras que sur internet, certains acteurs sont des électrons libres! Ce qui ne t’empêcheras pas d’analyser les raisons du succès de ces âmes vagabondes 😉 !


Augmenter sa présence sur les réseaux sociaux



L’outil le plus important à mon sens est d’avoir un espace à soi (un site donc), qui ne dépende pas des aléas d’une plateforme unique. C’est très dangereux de n’avoir qu’un instagram ou un facebook, on voit régulièrement des messages de personnes quittant le navire Zuckerberg parce que la visibilité y a été réduite au néant.
Mais il ne faut pas se mentir, il existe aussi plusieurs méthodes pour utiliser les réseaux et en faire des alliés de choix pour valoriser son contenu chaud ET froid.
On fait la distinction entre les deux, et je pense qu’on voit vite où on veut en arriver avec cette différence (non, non, aucun des deux n’a passé la nuit au frigo, ou à contrario avec Jamie Fraser). Un contenu chaud est quelque chose qu’on vient de publier, qui sort du four, et un contenu froid, c’est l’article p 210 que plus personne ne voit en arrivant sur la page d’accueil, même s’il est peut-être super intéressant.
Instagram et facebook sont des plateformes très chaudes (ouuuuh les coquines!), alors que pinterest est plutôt réservée au contenu froid.
Chaque plateforme mériterait un article à part entière, parce que c’est super vaste, mais je vais essayer de juste décrire brièvement les choses puisque de toute manière il n’y a aucun mystère.
Il faut être présent. Souvent, et de manière régulière. Surtout sur instagram et facebook (que j’ai délaissé pour sa pauvre rentabilité temps/visiteurs). Depuis un an j’y suis activement, mais pas que sur ma page. Comme partout, les relations sont un pilier et il ne s’agit pas de ne faire que de l’auto promotion : après tout, quand on ne se sent pas menacé dans ce qu’on fait on peut bien parler d’autres acteurs de notre milieu non? 😉
J’utilise donc instagram comme un lien proche avec les lecteurs, partager mon contenu récent, échanger avec d’autres personnes et partager le contenu d’autres personnes … Ce qui me permet d’être aux premières loges pour comprendre de quoi sont faits ceux qui sont face à moi.
Pas de mystère, je passe de longues heures à répondre aux commentaires (à ne surtout pas négliger dans la première heure de publication d’un post puisqu’instagram se sert de ça pour déterminer la visibilité du post), aux messages privés (une cinquantaine par jour), et à aussi participer activement à d’autres communautés que la mienne.
Sur facebook, j’ai aussi trouvé un canal de communication : les groupes!
Il ne s’agit pas non plus uniquement de déposer son contenu comme on poserait sa crotte et de se barrer sans jamais se retourner dessus. Toi même tu n’apprécies pas particulièrement de n’être personne non?
Et bien c’est simple, encore une fois, communiquer reste la base. Pour ça chacun son filon, et sa manière de faire, mais on ne peut pas se passer de cet aspect là pour faire fonctionner son contenu. Tu aimes qu’on te respectes comme une personne, qu’on t’estimes, qu’on saches que tu es là? Et ben c’est pareil pour ceux qui te lisent. Avant d’être des chiffres sur ta console google analytics pour te la péter auprès des partenaires, ce sont des humains sensibles. Alors donne leur un peu d’amour et de respect et tu verras, ils te le rendront au centuple.
Pinterest est encore différent, mais il faut épingler régulièrement son contenu et celui des autres de manière pertinente pour gagner en visibilité. Là où je trouve que ce réseau devient petit à petit un réseau « chaud », c’est que le nombre d’abonnés augmentant, une épingle toute neuve peut vite devenir virale (=se propager aussi vite qu’une gastro en maternelle). En tout cas, son gros point fort est de permettre « d’archiver » activement son contenu pour profiter d’une visibilité long terme. Un peu comme un bon référencement 😉 !


Investir



Si j’ai longtemps choisi de rester sur blogger, c’est parce que le blog ne me coûtait presque rien, si ce n’est mon nom de domaine.
Tu as certainement déjà entendu « on n’a rien sans rien ». Et bien c’est vrai. Pour avoir du beau contenu à proposer, il faut s’équiper un minimum dans du matériel efficace surtout si tu fais quelque chose qui nécessite des images originales.
Par rapport au support, pas de mystère, un blog avec une hébergement fait tout de suite plus pro qu’un canalblog, tout comme une présentation léchée incitera les lecteurs à rester, mais aussi les potentiels partenaires à considérer ton activité avec sérieux (comme toi quoi).
Alors tout ça ça coûte. Entre l’hébergement, le nom de domaine, le matériel spécifique lié à la photo, le stylisme culinaire et mon bidouilleur de l’extrême niveau technique, j’suis pas loin d’hypothéquer un rein. Mais après tout, pourquoi l’entreprise blog serait-elle libre de charge? 😉


Se renseigner sur les obligations légales



Pour avoir l’air sérieux, il faut l’être. Et pour l’être encore une fois tu ne vas pas lésiner sur ton temps sur le site de l’auto entrepreneur ou des impôts. Qui dit rémunération dit professionnalisation, et qui dit professionnalisation dit statut professionnel. Blogueur est maintenant un truc à l’échelle française depuis janvier 2018.
Une fois convaincu de l’envie de faire un statut, renseignes-toi bien sur tout ce qui incombe à ta petite entreprise après : CFE dès la deuxième année, potentiellement l’Aide à la Création d’entreprise si tu es chômeur, les différents taux d’imposition, les possibilités de portage salarial, les fréquences des déclarations, la facturation …
Même si le statut est simplifié à l’extrême, mieux vaut bien se renseigner avant pour ne pas se retrouver en galère au dernier moment ou faire une erreur stratégique au moment de l’inscription.

Alors avec tout ça, on est pas encore riches et les orteils en éventail au soleil avec notre mojito, parce qu’avant que des visiteurs se convertissent en monnaie sonnante et trébuchante, il faudra penser à monétiser et donc encore bosser. Il existe mille manières de le faire : vendre un produit, créer du contenu pour des marques, vendre son expertise en dehors de vos plateformes, vendre sa visibilité, mettre de la publicité sur son blog … Et refuser 357 propositions non rémunérées d « échange de bon procédé ».
Alors tu m’en voudras pas, mais je vais retourner bosser un peu.

J’espère que j’ai bien défoncé tes espoirs de t’asseoir un coup pour devenir riche sans lever le petit doigt.
Si tu fais partie de ceux qui pensent que les créateurs de contenu sur internet ne foutent rien de leur journée et gagnent des millions et que cest ce que tu avais prévu comme plan de vie, je suis sincèrement désolée que tu te noies dans ton seum. La prochaine fois prends un tuba.

Bisou. Délia.


8 Commentaires

  • Article super bien écrit et très complet même si comme tu le dis si bien, pas de miracle. Je m’aperçois de mon côté qu’il est important de faire le choix de certains investissements pour se développer vraiment (le fameux on a rien sans rien), en faisant à la hauteur de ses moyens si on a un budget très serré. Et comme le disait un de mes partenaires vidéos autour d’un café ensemble complètement improvisé à Paris il y a quelques semaines, la persévérence finit toujours par payer avec le temps. C’est exactement ce que j’ai pu constater au cours de ces 5 ans 1/2 de blogging. Avec de la passion, du dévouement, de la curiosité et beaucoup de persévérance, on récolte de petites victoires qui peu à peu deviennent des plus grosses victoires avant qu’un jour le rêve ne devienne réalité. Ce n’est pas magique et il ne faut pas s’attendre à un confortable 35h avec des vacances à la clé et tout un lot d’avantages, mais comme disait un jour un de mes profs de management en Master « Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez plus à travailler un seul jour de votre vie ». À bon entendeur! 🙂

    • Merci Delphine <3 !
      Oui, c'est toujours une histoire de balance, il est évident que l'idée n'est pas d'hypothéquer sa maison mais bien de faire des choix intelligents avec un minimum de risque.
      J'ai le sentiment de plus en plus fort qu'il a raison. Même si c'est une voix difficile de persévérer!
      J'ai essayé ceci dit avec la pâtisserie ... Ca n'a pas marché :p Ca ne devait pas être le bon travail haha!
      J'espère en tout cas un jour récolter le fruit des graines plantées avec passion! Les gens comme toi m'aident en tout cas à y voir les opportunités et l'intérêt de ma démarche alors merci du soutien!

  • Tu m’as fait rire !!! Jaune, aux éclats, aux larmes, dans ma barbe, mais rire ! Bon tu aurais quand même pu rajouter que toute ressemblance avec une personne existante est purement fortuite car purée j’ai l’impression que tu parlais de ma vie ! Bon j’en suis au stade du divorce d’avec blogger et d’un rapprochement avec le bidouilleur en chef…autant dire que j’ai 10 trains de retard mais le plus important n’est-il pas de monter dans le bon à un moment ? En tout cas merci pour cet article complet, pointu, fouillé et ta plume, ta plume… Mais quel bonheur ! 😘

    • Ca en fait une palette de rires 😀 !
      Je pense que tu fais bien : ça mettra ton travail plus en valeur pour la même dose d’efforts, je peux en témoigner!
      Je pense que l’important c’est de monter dans le train quand on est prêts surtout ;-)!
      Je te remercie beaucoup pour ton compliment : j’ai toujours l’impression que le mot plume est trop guindé pour mon style un peu corrosif et un poil grossier! (oupsi)
      Bisous Florence 🙂

  • Haha j’adore toujours le ton de tes articles. Moi c’est un peu différent, je ne parle pas de nourriture et je ne parle en fait de rien de consommable (si ce n’est du contenu et parfois des livres), donc l’idée même d’en vivre est à côté de la plaque vu le fonctionnement des réseaux. Mais ça n’a jamais été mon objectif donc ça me va comme ça. En revanche le travail des blogueuses cuisine mérite d’être bien davantage reconnu (entre la réflexion, les expériences, différentes tentatives, les photographies, la rédaction… !)

    • Haha, merci Irène!
      Tu peux en vivre même en traitant des sujets non consommables, le fait est qu’on peut aussi sortir du cadre des réseaux pour monnayer (heureusement). C’est complexe et ça prend du temps à développer, et surtout j’ai le sentiment qu’en France on a encore beaucoup de mal à reconnaître la valeur du travail des blogs qui s’imposent pourtant comme des références en terme de communication. L’argent c’est vraiment un tabou, alors payer des gens pour faire un truc dont on s’imagine qu’il s’agit de tester des rouges à lèvres et poster des vidéos sur youtube tournées rapidement et montées avec autant de facilité … -_-
      Je pense qu’on mérite tous de la reconnaissance financière à partir du moment où on implique des moyens importants et qu’on propose un contenu de qualité. C’est gentil en tout cas de ralier la cause des gens comme moi :-)!

  • Hyper intéressant et très vrai 🙂 On a rien sans rien ! Fixer son but en premier est essentiel avant d’entamer quoique ce soit, au risque de dépenser de l’énergie pour rien. Merci pour cet article brut de décoffrage mais réel !

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